« Chaque client est unique, chaque dossier est différent ».

Rencontre avec le notaire Sébastien Dupuis

 

Maître Sébastien Dupuis, notaire à La Louvière, nous retrace son parcours et nous décrit sa vision du notariat et les défis auxquels il doit faire face. 

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de devenir notaire ?

Initialement, je me destinais à la magistrature. En fin de parcours, j’ai fait un stage de plusieurs semaines dans une justice de paix où j’ai pu voir ce qu’était le rythme quotidien d’un magistrat. Je me suis alors rendu compte que ce n’était pas exactement la vie professionnelle que je rêvais d’avoir.

Après avoir discuté un jour des matières que j’affectionnais particulièrement avec la juge de paix chez qui je faisais mon stage, celle-ci elle m’a conseillé de faire le master en notariat. J’ai donc décidé de m’inscrire en notariat à l’UCLouvain, mais avec des pieds de plomb, parce que mon père était notaire et je m’étais toujours dit que je ne ferais pas le même métier que lui (rires).

Après seulement quelques jours de stage, j’ai été frappé par la flèche de Cupidon. Tout dans le notariat me plaisait : le rythme, les matières ainsi que la diversité du métier.

 

Pouvez-vous décrire votre parcours ?

J’ai d’abord étudié le droit à l’UCLouvain. Je suis arrivé aussi un peu par hasard, parce que je ne savais pas très bien ce que je voulais faire. Et à nouveau dès le début de mes études, j’ai adoré la matière.

Comme je l’ai déjà dit, je me suis ensuite lancé dans un master en notariat. Le master nous obligeait à avoir deux jours de cours et trois jours de stage. J’ai donc trouvé un stage dans une étude, chez le notaire Pierre Brahy, à La Louvière. J’ai également fait un stage légal, toujours dans la même étude. Et après avoir réussi le concours en 2011, j’ai rejoint l’étude de mon père où j’ai travaillé pour lui comme collaborateur pendant un an. Enfin, je me suis associé avec lui pendant 5 ans et ai repris l’étude seul, il y a maintenant quelques années.

 

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans le métier de notaire ? 

Ce qui me plait le plus dans ce métier, c’est sa diversité. C’est la diversité dans la rencontre et dans la matière. Il n’y a pas une journée qui se ressemble. Une chose que j’adore et qui m’amuse vraiment, c’est quand j’ouvre la porte de mon bureau pour faire sortir les clients et que je vois les suivants rentrer. Par exemple, je peux rencontrer un gros industriel qui vient me poser des questions d’ordre patrimonial, sur des montants très importants, et puis croiser à ce moment-là une personne qui n’a pas un sou devant elle.

C’est un métier où l’on doit être capable de s’adapter à son interlocuteur. Evidemment, on ne parle pas à une personne qui a eu un parcours intellectuel, universitaire et professionnel très long comme on parle à une personne qui n’a pas eu la chance d’avoir un tel parcours. Pourtant, les deux méritent le même niveau d’attention et le même niveau de conseil.

L’un des slogans du notariat francophone est : « Chaque client est unique, chaque dossier est différent ».  Je pense que ce slogan est parfait parce qu’il s’applique vraiment au quotidien du notaire.

Quels sont les grands défis du notaire ?

Le notariat fait face à un défi continuel depuis sa création : l’adaptation. Il doit s’adapter à la société, parce qu’il est à son service.

L’un des grands défis actuels du notariat, c’est d’accompagner les citoyens dans tout le processus de numérisation, sans abandonner derrière, ceux qui sont victimes de la fracture numérique.

Mais évidemment aussi, le notariat doit être acteur de l’avenir. La Fédération des notaires travaille énormément sur ces sujets et sur la digitalisation. Elle est d’ailleurs pionnière dans certaines matières. Nous avons développé des grands produits de numérisation tels que Biddit, eStox, Izimi. Nous avons également mis en place ces dernières années l’enregistrement automatique des actes et renforcé les contacts avec le Ministère des finances.

 

Pouvez-vous me décrire une journée-type ?

Je pars de chez moi le matin vers 8h pour arriver quelques minutes plus tard au bureau et débuter ma journée. Je relève mes e-mails, je fais un tour de la comptabilité et de l’étude pour vérifier, notamment, si j’ai reçu les fonds pour les actes que je passe dans la journée. Ensuite, je fais un petit tour de toute mon équipe. Je vais voir tout le monde, je réponds aux questions de mes collaborateurs, j’en pose aussi moi-même l’une ou l’autre sur l’un des dossiers qui va arriver dans la journée. J’entame alors la valse des rendez-vous, qui s’arrête en fin d’après-midi vers 17h30-18h. Je travaille ensuite encore pendant à peu près 2h-2h30 pour avancer dans les dossiers. Et puis, je rentre chez moi et je bois un bon verre de vin (rires).

 

 

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